Fourrage en souffrance
Les producteurs corses face à une situation difficile
Sécheresse, récoltes fragilisées et hausse des charges : la filière fourragère corse traverse une période difficile. Malgré ces tensions, le GRPFC défend le maintien de prix accessibles pour soutenir les éleveurs, eux aussi durement touchés.
Dans son édition du 19 septembre 2026, Corse-Matin consacre un reportage aux difficultés des producteurs de fourrages et de céréales insulaires. Un constat se dessine : le manque d’eau et les fortes chaleurs pèsent sur les récoltes, tandis que les besoins pour nourrir les troupeaux restent importants.
Des récoltes insuffisantes et des approvisionnements plus coûteux
En Plaine orientale, les cultures souffrent de la sécheresse. Malgré les pluies hivernales, les épisodes secs qui ont suivi ont pénalisé la production, notamment celle des graminées. Les stocks disponibles ne permettent pas de répondre à l’ensemble de la demande. Selon les estimations rapportées dans le reportage, les importations de fourrage pourraient atteindre 18 000 tonnes cette année, contre 8 000 à 10 000 tonnes habituellement. Un recours au continent qui alourdit les dépenses des élevages, avec des prix annoncés supérieurs de 150 à 200 euros par tonne à ceux pratiqués sur l’île.
Maintenir les prix malgré la hausse des charges
Les producteurs doivent également composer avec l’augmentation du coût des engrais, du carburant et des autres intrants. Des charges qui fragilisent leurs exploitations et réduisent leur visibilité sur les prochains mois. Dans ce contexte, le Groupement régional des producteurs de fourrages et de céréales (GRPFC) souhaite stabiliser les prix autant que possible. L’objectif : permettre aux éleveurs d’accéder à un fourrage de qualité à un coût raisonnable, tout en préservant la viabilité des exploitations productrices.
Une filière solidaire, mais sous pression
Pour les éleveurs, la diminution de l’herbe disponible impose davantage d’achats d’aliments. À Tallone, un éleveur interrogé par le quotidien estime ainsi à 160 euros par jour le coût nécessaire pour nourrir ses 220 brebis jusqu’au mois de décembre au minimum.
Ces difficultés rappellent combien producteurs de fourrage et éleveurs sont interdépendants. Préserver la production locale, sécuriser l’approvisionnement des troupeaux et mieux faire face aux aléas climatiques constituent des enjeux essentiels pour l’avenir de l’agriculture corse.
Source : reportage de Corse-Matin, édition du 19 septembre 2026.



